Site communautaire participatif: vous “Signé Genève”?


Le 31 octobre 2012, la Tribune de Genève, quotidien genevois appartenant au groupe de presse Tamedia, se met au goût de la communication digitale et sociale en ouvrant le premier site communautaire participatif “Signé Genève”.
Qu’attend un tel média dit “traditionnel” d’une communauté en ligne? Quels sont les fondements du modèle d’affaire? Grâce à qui “tourne” la plate-forme?

Découverte en avant-première le 16.10 dans les locaux de la TDG

Rencontre en avant-première le 16 octobre avec l’équipe au coeur du projet et révélation du site depuis le 31.

“SIGNÉ GENEVE” , C’EST QUOI?

Sa mission: 

Une plate-forme d’informations déclinée à la mode “story telling” qui s’appuie sur la vie des quartiers et sur leurs concitoyens pour rapporter, tels des journalistes en herbe, les histoires et anecdotes vivantes et authentiques d’aujourd’hui. Proximité et infos locales à l’oeuvre!

Qu’y trouve-t-on?

  • Un contenu éditorial classé en 3 domaines: les quartiers regroupés en 4 lieux géographiques, les thèmes d’intérêt (ex. environnement, culture, sports etc) et un agenda (les événements).
  • Un lieu de retrouvailles ou de rencontres en devenant membre et en s’inscrivant à “Je participe”. Visualisation de l’annuaire des membres en cliquant “Membres”, une fois loggué.
  • Un espace personnel où je retrouve mes amis, mes activités, mes groupes, ma messagerie et mon profil. Au fait, il n’y a ni pseudo ni anonymat possible. Chacun dialogue et publie sous son nom propre.
  • Un outil de publication de type blog pour écrire des articles.

    La bise noire balaie Genève (c)Lara Berchet

14e Edition du Festival Hip-Hop Communes-Ikation

En bref, on peut imaginer que “Signé Genève” a vocation de devenir une mosaïque représentative de tous les genres, activités et citoyens.

Les interrogations qui m’interpellent?

  • Quel sera le degré d’appropriation par les citoyens?
  • Les gens oseront-ils publier sous leur propre nom au moins selon la “loi” des 90-9-1 bien connue les réseaux sociaux? 90% consomment, 9% commentent, 1% publie?
  • Quel type d’interactions entre les gens se mettra en place? N’est-ce-pas essayer de recréer un réseau social de type Facebook (en tous cas les fonctionnalités y sont)?

QUAND MÉDIAS PAPIER ET DIGITAUX COHABITENT

Comble du paradoxe, à l’ère du digital ce sont sur les éditions papier que se porte encore une forte attente économique de la direction de la TDG.
Désormais les contenus digitaux alimentent les éditions papier!
Tous les mercredis les meilleurs articles de “Signé Genève” (le plus lu, le plus commenté, le plus recommandé, le coup de cœur) sont reproduits sur 2 pages dans le quotidien genevois. Une voie potentielle pour dynamiser le contenu actuel.

 

Une fois par mois, un supplément en format tabloïd valorise les histoires les plus intéressantes du site. La TDG prévoit un tirage de plus de 50’000 exemplaires. Quid cependant de la propriété du contenu créé par la communauté et ré-utilisé à des fins commerciales? Cette question n’a pas trouvé de réponse pour l’instant!

David Haeberli, rédacteur en chef de la TDG et Olivier Cretton, chef de ligne de produits chez Tamedia Publications romandes, annoncent clairement que le “business case” du projet est fortement basé sur la vente de l’édition papier.
Premier supplément à paraître mercredi 7 novembre.
La TDG joue une partie serrée face à une audience qui n’a cessé de décroître pour atteindre le plancher de 134’000 lecteurs. Elle a su cependant capter le public sur des médias numériques via son site web (80’000 visites par jour) et via le mobile. Avec “Signé Genève”, elle part à la découverte de nouveaux contenus éditoriaux locaux provenant du crû…”en toute humilité” (dixit son rédacteur en chef).

Les réseaux sociaux Facebook, Twitter et Youtube sont utilisés pour relayer l’information et ramener l’internaute vers le site de “Signé Genève”. Dommage que le mobile n’ait pas été intégré dès le début pour accélérer la publication de contenu sur le vif.

Le monde de la presse écrite côtoie le digital dans les bureaux!

Photo prise à l’intérieur du bâtiment de la TDG

QUI FAIT “TOURNER” LA PLATE-FORME?

Aymeric Dejardin, community manager et Luca Di Stefano, journaliste

La Tribune de Genève s’appuie sur une équipe projet incluant 3 personnes recrutées à cet effet et dédiées à “Signé Genève”: un community manager qui anime le site communautaire et les médias sociaux, un journaliste qui anime le groupe des  reporters terrain et ajoute sa patte rédactionnelle si besoin et une commerciale pour vendre les espaces publicitaires sur le site et dans le supplément mensuel de 12 pages en format tabloïd.

Pour l’instant, c’est une équipe de 10 reporters externes à la Tribune de Genève et non issus du domaine journalistique qui génèrent les premiers articles de quartiers et incitent les habitants à y contribuer. Ces “ambassadeurs” ne sont pas rémunérés et reçoivent une contre-partie “en nature” qui n’a pas été dévoilée. Leur travail sera toutefois valorisé par la visibilité que la Tribune de Genève donnera à leurs articles dans le “Best of” de 2 pages tous les mercredis.

Souhaitons à ce projet innovant en Suisse romande un excellent développement. Et qu’il donne envie aux habitants des quartiers de mettre le pied à l’étrier et de publier leurs propres articles.

Sources:

Le site de “Signé Genève”.

Podcast par Thierry Weber: interview de David Haeberli.

Article sur la Tribune de Genève.

Article sur Cominmag.

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