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Une minute de silence pour Fukushima


WE LOVE ATOM de Noriaki Imai ©in-fuseon

WE LOVE ATOM de Noriaki Imai ©in-fuseon

11 mars: déjà 3 ans. La catastrophe nucléaire de Fukushima du 11 mars 2011 a eu l’effet d’un 2ème tsunami déferlant sur le peuple japonais. Bouleversée par ce coup de semonce, j’écrivais ces 4 articles pour rendre compte et passer les messages:

France Info: Interview de Naoto Matsumura, le dernier homme de Fukushima.

Fukushima: nos mémoires sont courtes.


Source: TDG.ch, Image: AFP

Le 11 mars 2011 sonnait le glas pour les habitants de Fukushima.  La filière de fission nucléaire recevait son 2ème soubresaut percutant et mondial après la catastrophe de Tchernobyl. Suite à cette catastrophe tant humaine qu’environnementale, le gouvernement suisse fut l’un des rares à avoir le courage de prendre la décision de renoncer au nucléaire. Qu’en est-il de ces deux situations 2 ans plus tard?

FUKUSHIMA, LES MANIFESTATION SUFFIRONT-ELLES?

Au moment où je publie cet article, nous sommes à quelques heures de “l’anniversaire” de Fukushima et demain, avec le décalage horaire occidental, les médias nous gorgeront d’images “limites voyeuristes” de la catastrophe. Cet hommage est louable mais que changera-t-il vraiment aux politiques énergétiques et à nos choix de consommation de l’électricité?

Noriaki Imai ©in-fuseon

Il y a 2 ans, j’ai été profondément touchée par ce qui est arrivé au peuple japonais et je publiais dans la foulée un premier article “La fission nucléaire: peur contre peur”. Huit mois après la catastrophe, j’en faisais un bilan chiffré qui dévoilait l’évacuation de 110’000 personnes dans un périmètre de 30 kms de la centrale et de multiples conséquences sanitaires et alimentaires.

En fait le bilan s’est avéré encore plus lourd avec 160’000 personnes qui ont dû abandonner leur domicile et 19’000 morts et disparus.

En moins d’un an après Fukushima, le Japon a arrêté ses 54 réacteurs nucléaires pour les passer au peigne fin de mesures de sécurité et a réussi à vivre sans les 30% de l’électricité provenant de cette source d’énergie. Ceci ne s’est pas déroulé sans conséquences sur la limitation des consommations dans certaines régions du Japon.  Un plan d’urgence a activé l’accélération de nouvelles sources d’énergie: déploiement des énergies renouvelables, relance de centrales à charbon et importations. Au moment de la catastrophe, la part des énergies renouvelables représentait 1.18%, puis 1.6% avec les installations solaires 2011 et elle était censée doubler en 2012 pour atteindre 3.2% soit près de 10 GWh (chiffres non encore disponibles).

Le Monde.fr

Or, l’arrivée d’un nouveau gouvernement en décembre 2012 relance le débat autour de l’abandon du nucléaire: il est question de réactiver les réacteurs conformes aux normes de sécurité, deux ayant déjà été remis en service!

EN SUISSE, UNE POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE CONTROVERSÉE

Suite à Fukushima, la Suisse a pris la décision historique de sortir du nucléaire le 25 mai 2011. Depuis, le Conseil fédéral a élaboré la stratégie énergétique 2050 autour:

1. de nouvelles sources de production d’énergie:

  • énergies renouvelables avec recrudescence des “poches” restantes en hydraulique et rattrapage en solaire et éolien,
  • et construction de centrales chaleur-force et à cycle combiné à gaz en transition énergétique.

2. d’une accélération des programmes d’efficience énergétique dans le bâtiment, la mobilité et les appareils électriques concernant les entreprises et les particuliers. En bref: Réduire la consommation globale d’énergie et la consommation d’électricité respectivement de 70 TWh et de 21 TWh d’ici 2050.

3. d’une réforme fiscale prévue au delà de 2020.

Composition de l’offre d’électricité (uniquement production nationale) jusqu’en 2020, 2035, 2050 sur la base du présent paquet de mesures du DETEC (source: Prognos)

La mise en consultation du premier paquet de mesures de la stratégie a pris fin le 31 janvier 2013 et a résulté en plus de 280 prises de position de tous bords politiques et associatifs. Le Conseil fédéral est en train de revoir sa copie et en prévoit un retour mi-2013.

Voici quelques controverses rencontrées par la stratégie énergétique 2050:

  • les objectifs de baisse de consommation des énergies jugés irréalistes.
  • la compatibilité des objectifs de stabilisation de la consommation d’électricité en 2020 malgré la substitution du fossile par l’électrique  dans le transport.
  • la potentielle augmentation des coûts de l’électricité et le risque de pénurie d’électricité, sources de ralentissement économique.
  • la lenteur de la transition vers les énergies renouvelables et vers l’introduction d’une taxe CO2 sur les carburants.
  • pour certains, l’interventionnisme de l’État et pour d’autres, le manque de décision par exemple pour libérer le plafond de la RPC et les 24’000 projets en attente (La RPC est un outil de dynamisation des projets de production d’énergie renouvelable notamment solaire. Elle est victime de son succès depuis son introduction en 2009!)

Or les dates définitives d’arrêt des centrales nucléaires n’ont pas encore été fixées!

Un  récent sondage Univox 2012 (février 2013) met le doute du maintien de l’effet Fukushima sur la conscience environnementale des Suisses. Les valeurs 2012 de conscience écologique et de comportements auraient retrouvé leur niveau de 2010.

De nombreux médias se sont fait les gorges chaudes de cette constatation et l’émission 120 secondes de la RTS en est l’une des plus cinglantes!

Malgré tout cela, des faits positifs permettent de constater des avancées certaines en Suisse:

Sources:

My TF1 News: “La catastrophe de Fukushima expliquée en 3 D”.

Le Monde.fr: “Nouvelles manifestations anti-nucléaire au Japon”.

La Tribune.fr: “Solaire: le Japon devient le marché le plus attractif au monde”.

OFEN: Définition du premier paquet de mesures pour la stratégie énergétique 2050.

DETEC: “Prochaines étapes et graphiques”.

Le Matin: “La stratégie énergétique 2050 du Conseil fédéral divise”.

Swissgrid: “Liste d’attente RPC”.

Swisscom: “La RPC victime de son succès”.

RTS: “L’effet Fukushima n’a pas duré chez les Suisses”.

Tribune de Genève: “Fukushima s’estompe dans la mémoire collective”.

La société à zéro carbone: fiction ou réalité?


Parviendrons-nous à une société à zéro carbone ou en tous cas à moindre carbone? Voici une question à laquelle ont tenté de répondre les prestigieux intervenants du 2ème Swiss Eco Leaders Day le 25 juin au Forum Fribourg.

Un an après la catastrophe de Fukushima qui a conduit en mai 2011 à la décision historique de la Suisse de sortir progressivement du nucléaire, voici un panel non exhaustif des points de vues et visions qu’ont exprimés des intervenants aussi différents qu’enthousiastes.

DES MESSAGES QUI S’ACCORDENT POUR “LE MIEUX”

Raphaël Domjan, l’éco-aventurier du vaillant catamaran Planet Solar, premier bateau à avoir fait le tour du monde uniquement à l’énergie solaire, nous transmet un énorme message d’espoir qui appelle le respect:

“60’006 km parcourus avec une puissance équivalente à celle d’un scooter! Ceci avec des technologies solaires photovoltaïques actuelles! Si un ambulancier neuchâtelois est capable de lever 30 millions de francs pour faire le tour du monde, alors tout est possible!”

Chapeau bas Raphaël et encore bravo!

Michèle Sabban, Présidente de l’Assemblée des régions d’Europe (ARE) et de l’association R20 d’Arnold Schwarzenegger, prône l’importance du combat des régions et territoires face au nouvel échec du récent sommet de la Terre Rio+20:

” Mon pari est que la croissance de demain sera verte ou ne sera pas. On ne peut rien attendre d’un après Rio+20: 193 états ne s’accorderont jamais vraiment! En revanche, le R20 est une force de propositions vis à vis du G20 et concrétise le passage du Think Tank à l’Action Tank! L’avenir des projets passe par la coopération inter-régionale sans blocage diplomatique!”

Philippe Virdis, Directeur du Groupe E, (distributeur d’électricité sur les cantons de Fribourg, Neuchâtel, Vaud et Berne) s’est lancé dans une démonstration live et sans effet de “Murphy” de son tout nouveau système e-vision de “Smart metering” qui permet aux consommateurs particuliers et PME de contrôler leurs consommations d’électricité et donc d’agir pour les réduire. Application très parlante pour comprendre sa consommation instantanée ou comparer ses consommations. C’est l’enclenchement du four qui a créé le pic que vous voyez à l’écran!

“Les flux d’électricité vont devenir multi-directionnels avec le développement des auto-producteurs. De plus, les consommateurs ont besoin de connaître leurs consommations en temps réel. Actuellement quand ils reçoivent leur facture annuelle, il est trop tard pour agir! Il est possible d’économiser 5% immédiatement et sans effort aucun.”

Pierre Varenne, Directeur de Michelin Recherche et Technique SA à Granges-Paccot, prévoit qu’en 2020, 10 à 20% au grand maximum des nouveaux véhicules seront hybrides ou électriques. L’Europe sera le continent où les efforts ainsi que les réglementations et taxes seront les plus importants.

“Cela fait 120 ans que l’on roule et 20 seulement que l’on se préoccupe de l’énergie. Le carburant bon marché, c’est fini! L’industrie du transport va avoir droit à son lot de réglementations et d’objectif de réduction de CO2 de 50% à 75%! Cependant, dans les 25 ans, le moteur à combustion gardera une part prépondérante malgré la hausse du prix du baril de pétrole! La moyenne d’émissions de CO2 va devoir évoluer de 160g CO2/km à 95g d’ici à 2020.
La pile à combustible va révolutionner la propulsion. Le Japon a beaucoup d’avance et se prépare à sa commercialisation dès 2015!”

Saviez-vous qu’un pneu de basse résistance au roulement économise 1 plein sur 5 pour un véhicule de tourisme et 30% pour un poids lourd?
Michelin Recherche et Technique a collaboré avec FAM Automobiles (Doubs) pour créer le 1er véhicule à pile à hydrogène homologué en France.

Christian Bach, Chef de division Moteurs à combustion à l’EMPA (laboratoire fédéral des sciences et technologies des matériaux), nous annonce les tendances des futurs véhicules:

“D’ici à 10 ans, les véhicules suisses devront avoir réduit d’un facteur 2 leurs émissions de CO2: 155g de CO2/km en 2011 à 70 g en 2025. En 2015, les parcs véhicules (hors particuliers) se verront imposer la limite de 130g. En cas de dépassement de la limite, les taxes seront lourdes. L’avenir passera par l’hydrogène comme énergie de stockage intermédiaire qui, mélangé à du biogaz et du gaz naturel combinera économie de carburant et réduction de CO2.”

Travail de recherche EMPA

Walter Steinmann, Directeur de l’office fédéral de l’énergie (OFEN), explique les étapes clés de la stratégie énergétique suisse 2050:

” Il faut rapprocher l’objectif de 22.6 TWh d’énergies renouvelables d’ici 2050 à l’objectif de stabilisation de la demande d’électricité à 60 TWh. Jusqu’en 2020, on mise sur les incitations et les actions volontaires, ensuite il y aura moins de subventions et plus de taxes incitatives. Un premier paquet de mesures a été publié. Le 14 septembre 2012, la stratégie du Conseil fédéral sera mise en consultation pour décision à fin janvier 2013, passage au parlement, voire référendum populaire.

Beat Vonlanthen, Conseiller d’état, Président de la Conférence des Directeurs cantonaux de l’énergie, parle franchement en évoquant l’échec de Rio+20:

“L’échec n’est pas une solution! L’AIE prédit une hausse de 20% des émissions de CO2 et 6°C de plus avec le risque que le charbon redevienne prédominant d’ici 2035! Investir sur les Négawatts, dans la rénovation des bâtiments, inciter l’utilisation du courant vert, inciter les transferts de technologies des laboratoires scientifiques vers l’industrie, voilà des actions concrètes que nous prenons sur le canton de Fribourg par exemple.”

LE BAROMETRE NATIONAL ÉNERGIE ET ENVIRONNEMENT 2012

C’est la 2ème édition de l’enquête d’opinion nationale suisse (268 réponses en 2012 contre 874 en 2011) qui nous révèlent les opinions sur l’efficacité et la popularité des mesures et concepts en vigueur sur tous les thèmes de l’environnement.
L’enquête 2012 révèle une perspective de mix énergétique et électrique (lien vers notre compte rendu du Swiss Eco Leaders Day 2011) très proche de celle de 2011: 55% du courant seront hydrauliques ( +2% par rapport au sondage 2011), 21% nucléaires (-6%) et 6% issus des énergies fossiles ( +3%). Le solaire serait à 7% ( +2%), l’éolien à 4% ( +1%), le biogaz- biomasse à 3% (stable). Les 4% restants se répartiraient entre la géothermie profonde et la récupération des centrales d’incinération.

Ce qui a bougé:

  • 80% des leaders suisses sont d’accord de sortir du nucléaire
  • 58% au lieu de 50% sont d’accord pour supprimer le plafonnement de la RPC pour favoriser le déploiement des installations solaires photovoltaïques
  • approbation de l’interdiction des appareils ménagers avec un stand-by >1 watt

Raphaël Domjan de Planet Solar et Guy Wolfenberger, fondateur de Grove Boats

UN CLIN D’OEIL AUX BATEAUX SOLAIRES DE GROVE BOATS

La société suisse Grove Boats SA conçoit, construit et commercialise des bateaux électro-solaires et hybrides destinés au transport de passagers. Ces bateaux n’ont certes pas la taille d’un Planet Solar mais pas non plus le même usage.

Si vous êtes abonné à la newsletter de lOPI (Office de la Promotion Industrielle) de Genève, vous retrouverez cet article en lien de la rubrique Cleantechs dans la newsletter de juin 2012!

Pour plus d’informations:

Planet Solar, interview exclusive de Raphaël Domjan.

TÛRANOR PlanetSolar : Avec 10 maisons, on fait le tour du monde en bateau solaire !

Les décideurs favorables à la sortie du nucléaire.

Fukushima en chiffres, 8 mois après la catastrophe


Rien de tel que des chiffres pour attiser les consciences de notre société très rationnelle. Les chiffres comme les images parlent d’eux-mêmes sans besoin de commentaires superflus. Voici notre 2ème article sur Fukushima, le 1er ayant été publié 10 jours après la catastrophe du 11 mars, dans la foulée du sentiment de révolte et d’impuissance qui m’avait envahie.

WE LOVE ATOM de Noriaki Imai ©in-fuseon

Avant de faire le tour des chiffres, je veux donner un petit coup de pouce à la très généreuse initiative de l’atelier Medamothi qui expose les travaux de 43 artistes japonais jusqu’au 4 décembre pour reverser les dons à la Croix rouge du Japon. Si vous habitez sur le canton de Vaud en Suisse, c’est à une vingtaine de km au nord de Lausanne. Sinon vous pouvez télécharger l’image de votre choix pour 50 Euros.

J’ai personnellement choisi l’image d’ATOM de l’artiste Noriaki IMAI qui symbolise le déclin fondant de l’ère nucléaire au Japon, pays qui l’avait pourtant couronné en grandes pompes il y a près de 50 ans – Titre de l’oeuvre: « FUKUSHIMA NUCLEAR POWER STATION (We love ATOM) »

LES CHIFFRES:

C’est l’arrêt de l’alimentation électrique qui a empêché le refroidissement des réacteurs nucléaires endommagés et qui a provoqué la crise nucléaire.
Avec les radiations nucléaires, les conséquences n’arrivent que plus tard. Certes il y a eu malheureusement quelques décès immédiats aux alentours de la centrale. Mais quelles conséquences à partir de maintenant pour les populations, la faune et la flore terrestre et marine?

  • Evacuation de 80’000 personnes dans un périmètre de 20 kms plus 30’000 dans un périmètre de 30 kms au moment de la catastrophe
  • “Des échantillons de sols prélevés à environ 60 kms de la centrale montrent une exposition à des doses de radiation jusqu’à 20 fois supérieures à la dose au delà de laquelle on estime inacceptable le risque de cancer”, La Revue Durable de sept/oct selon le Criirad
  • Les pastilles d’iode devant saturer la thyroïde en iode non radioactif (empêchant ensuite la fixation de l’iode radioactif) n’ont été distribuées que cinq jours après le 11 mars
  • Selon le gouvernement japonais, plus de 160’000 personnes ont été “scannées” en mars 2011 et aucun cas d’irradiation grave n’a été décelé!
  • 5 mai 2011: 1ère visite “humaine” possible des réacteurs depuis la catastrophe
  • 103 ouvriers ont travaillé à Fukushima et ont été exposés aux fortes radiations cumulatives. L’un d’entre eux est décédé d’une leucémie et 3 autres ont été gravement brûlés
  • Accident nucléaire de niveau 7, niveau maximum sur l’échelle internationale  (International Nuclear Event Scale)
  • Difficile pour l’instant de déceler les cancers potentiels dus à l’irradiation face au risque de 40% en moyenne de contracter un cancer pour une toute autre raison
  • Fukushima a distribué des détecteurs de radiation à 280,000 enfants d’écoles primaires et secondaires. Le temps de jeux extérieurs est limité à 2 ou 3 heures par jour.
  • Les compteurs Geiger sont les gadgets les plus populaires jusqu’ à Tokyo
  • Une étude a été lancée pour vérifier la thyroïde de 360’000 jeunes de moins de 18 ans avec l’objectif de les suivre tous les 5 ans. De même auprès de femmes enceintes proches des zones sinistrées. Or cette étude a donné peu de résultats car moins de la moitié des gens y ont répondu. La population a fui et déménagé depuis
  • 2’300 mères japonaises de 28 préfectures du Japon ont organisé un “sitting” en septembre et octobre à Tokyo pour demander la protection de leurs enfants par l’obtention du droit d’évacuer les zones contaminées. Le droit d’évacuer est financé par le gouvernement uniquement si le taux de radioactivité de la zone est de plus de 20 millisieverts par an!

Several thousand people are marching in downtown Tokyo calling on the government to abandon nuclear energy, Sept. 19, 2011 (Photo: Koji Sasahara / AP)

  • Contamination  de l’airévaluation scientifique des émissions de Xenon-133 and Césium-137 dans l’atmosphère dans les 3/4 jours qui ont suivi le tsunami:
    • les émissions de 133Xe ont été évaluées à 16.7 EBq (exabecquerel), ce qui représente la plus grande émission radioactive historique de ce gaz, non associée à un test de bombe nucléaire!
    •  les émissions de  137C sont été évaluées à 35.8 PBq, ce qui équivaut à environ 42% des émissions de Chernobyl
  • Détérioration des niveaux de contaminations radioactives à Fukushima-city, (ville de 300’000 habitants à 60 km de la Centrale) en septembre
  • Contamination alimentaire: taux de radioactivité de l’ordre de 500 becquerels par kilos sur du riz récolté à 56 kms de la centrale en septembre. “40 sites présentaient des taux excédant 5000 becquerels par kg (limite maximum  du gouvernement pour récolter et faire pousser du riz)”. Le 17 novembre, le gouvernement décrète l’embargo sur le riz de la région de Fukushima. L’embargo vise 154 fermes rizicoles, qui produisent au total 192 tonnes de riz par an!
  • Contamination de la mer15’000 terabecquerels ont été rejetés dans l’océan par la Centrale de Fukushima. Des niveaux de 10’000 becquerels par mètre cube (100’000 en avril 2011) ont été détectés en juillet 2011. Des taux dépassant les 500 bq/kg ont été constatés sur 18 espèces de poisson et de fruits de mer.
  • Les terabecquerels de Cesium 137 déversés de mars à Mai dans la mer et dans les airs sont légèrement supérieurs aux quantités rejetées par les essais atomiques dans le Pacifique!
  • Et malgré tout ça….les touristes retournent au Japon: A Kyoto alors que les taux d’occupation étaient de 30% en mars/avril 2011 (contre 95% en 2011!), l’été a été marqué par une reprise avec des taux avoisinant 70%.
  • De nombreuses zones autour de Fukushima pourraient être désertées  pendant des décennies avec des taux de 500 millisieverts par an (contre 1 mSv pour la limite légale qui a été augmentée à 10 mSv après la catastrophe et même 20 mSv pour la préfecture de Fukushima).
  • Et pour finir, 3 jours avant l’embargo sur le riz, visite guidée en images de la centrale de Fukushima par les autorités japonaises pour montrer que tout est rentré dans l’ordre! A vous d’en juger!

Ce sont les conséquences sociales, environnementales et économiques que le peuple japonais supportent désormais.

Sources d’information:
Wikipedia

Huff post Green 

Fukushima Green actions

Reuters, plan d’évacuation

2000watts.org

Criirad

Le 25 mai 2011: décision historique de sortir la Suisse du nucléaire


© KEYSTONE | Doris Leuthard, hier à Berne. Photo reprise de http://www.tdg.ch

Hier, le conseil fédéral suisse a pris une décision historique, mémorable et responsable pour l’avenir énergétique du pays:
sortir la Suisse progressivement du nucléaire.


Résumé des 8 points principaux de la stratégie et revue de l’effervescence médiatique autour du sujet!

“Les centrales nucléaires actuelles seront mises à l’arrêt à la fin de leur durée d’exploitation et ne seront pas remplacées.”, extrait du communiqué de presse du Conseil Fédéral Suisse, Berne le 25.5.11.

LA STRATEGIE EN 8 POINTS

2034: la dernière des 5 centrales nucléaires actuelles (décision basée sur une durée d’exploitation de 50 ans maximum) sera découplée du réseau.
Le scénario choisi (le n°2 parmi les 3 étudiés) est techniquement possible tout en garantissant la sécurité d’approvisionnement énergétique du pays et supportable du point de vue économique. Voici un résumé de la stratégie en 8 points:

  1. Renforcement des programmes d’efficacité énergétique pour éviter que la consommation augmente de 60 milliards de kWh en 2010 à 90 milliards de kWh en 2050. Mentionnons par exemple le programme Doubleco de SIG à Genève qui offre de doubler la réduction de la facture d’électricité des particuliers et des entreprises qui réussissent à baisser leurs consommations
  2. Elargir les offres d’électricité de sources renouvelables en hydraulique, éolien, solaire et celles transitoires à base de centrales à gaz (produisant chaleur et électricité). Mentionnons l’initiative innovante moncarrésolaire de Romande Energie en 2009/2010 de lancer un des plus grands parcs solaires en Suisse sur les toits de l’EPFL et d’ouvrir les panneaux à la location à tout un chacun

    Photo extrait de http://www.solstis.ch: installation moncarrésolaire de Romande Energie sur les toits de l'EPFL

  3. Développer des productions nationales d’énergies pour réduire la dépendance énergétique
  4. Accélérer l’extension des réseaux électriques “intelligents” de type Smart Grids pour optimiser l’équilibrage entre offre et demande d’énergies et réduire les pertes
  5. Intensifier recherche et transferts de technologies à but d’industrialisation des innovations: cf l‘interview ce matin sur la RSR 1 de Christophe Baillif, patron du laboratoire de recherche solaire PV de l’IMT-EPFL à Neuchâtel, qui voit l’avenir du solaire photovoltaïque passer par le besoin d’investir massivement dans  la création d’un centre de recherche en énergie solaire 
  6. L’exemplarité des institutions  pour mettre en pratique et utiliser les cleantechs en leur sein
  7. S’appuyer sur des projets phares
  8. Collaborer avec l’international

L’EFFERVESCENCE MEDIATIQUE

Photo reprise de http://www.tsr.ch”;Cet événement provoque depuis hier après-midi une multitude de réactions.  La presse locale s’est emparée de ce sujet brûlant en démultipliant avis et points de vue. En voici une revue de presse certes non exhaustive au rythme auquel l’effervescence est en train de s’emballer!

RSR.ch: “Sortir du nucléaire: une pluie de réactions”

Tribune de Genève: “Doris Leuthard: C’est un jour historique, une chance à saisir”

Les 16 premières minutes de l’émission Genève à Chaud du 25.5 sur Léman Bleu: les politiques s’expriment sur la décision du conseil fédéral

24 heures: “Sortie du nucléaire: la Suisse quasi seule face à l’Europe”

Le Temps: “Le conseil fédéral veut sortir du nucléaire en 2034″

Les Echos: “La Suisse décide de sortir progressivement du nucléaire”

RSR1: “Sortie du nucléaire: l’interview de Christophe Baillif”

Désormais, il ne reste “plus qu’à ” faire passer cette décision au parlement!

Suisse: soutien massif aux technologies propres


Photo extraite de la galerie photos d'Energissima

Hier, tel fut mon enthousiasme d’apprendre la décision historique du conseil fédéral suisse d’abandonner le nucléaire au moment où était envoyée aux industries genevoises la nouvelle newsletter de l‘OPI (Office de la Promotion Economique) de Genève dont j’anime la chronique cleantechs.

Quelle belle cohérence entre le soutien massif aux technologies propres que les décideurs suisses ont exprimé à Energissima en avril et maintenant cette décision historique et responsable de la Suisse d’abandonner le nucléaire! Jugez-en par vous-même en découvrant le contenu de la chronique cleantechs de mai de l’OPI, qui fait un zoom arrière sur Energissima.

ENERGISSIMA, ZOOM SUR LES TENDANCES CLEANTECHS

« 200 exposants Suisses et étrangers, c’est un message d’espoir pour le développement des nouvelles énergies renouvelables et notre poursuite d’une société à 2000 Watts ».

Tels furent les mots de Pascal Corminboeuf, conseiller d’Etat et président d’Energissima inaugurant la rencontre nationale des énergies renouvelables et des technologies environnementales le 13 avril 2011 au forum Fribourg.
Pour la première fois, cette rencontre a regroupé sous le même toit trois salons Energissima, ecoHome et Greentechs.
Le ton fut donné pour cette grand messe des Cleantechs qui évolue depuis 2007 de plus en plus vers une rencontre des professionnels du domaine.

SWISS ECO LEADERS DAY: RETOUR D’ENQUETE NATIONALE

Le Swiss Eco Leaders Day, premier forum suisse des leaders de l’environnement, a réunit le 13 avril, les décideurs des secteurs de l’environnement, de l’économie et de la politique.

Ce sont les résultats de la 1ère enquête d’opinion nationale suisse (874 réponses) qui nous révèlent les opinions sur l’efficacité et la popularité des mesures et concepts en vigueur sur tous les thèmes de l’environnement (taxe sur l’essence, centime climatique, Minergie, étiquettes énergies etc) et pas seulement celui des énergies (Mix énergétique, mix électrique, Rétribution à Prix Coûtant, offres de courant vert…).
Les décideurs suisses ont exprimé un soutien massif aux technologies propres. Présentée par le Professeur Dr Rolf Wüstenhagen, directeur de l’Institut économie et environnement de l’Université de Saint-Gall, cette enquête auprès de milieux politiques et économiques révèle deux éléments clés sur l’avenir énergétique de la Suisse: un mix énergétique passant de 15 à 55% d’énergies renouvelables et un mix électrique passant de 42% à 81% de sources renouvelables en 2050.

Plus d’infos sur les tendances européennes et l’enquête nationale suisse sur : « 100% d’énergies renouvelables en 2050 : rêve ou réalité ? » sur le blog d’in-fuseon.

Rolf Häner, directeur de Cleantech Switzerland a rappelé la pro activité de la plateforme nationale Cleantech Switzerland pour promouvoir les technologies des 200 entreprises membres actuelles sur les marchés internationaux.

LES TENDANCES

Trois grands thèmes ont prédominé conférences et démonstrations :

  • L’habitat durable conçu selon les normes Minergie, l’éco conception et l’usage de nouveaux matériaux :

On citera l’entreprise Quantis, émanant du Parc Scientifique de l’EPFL de Lausanne et devenue un leader international de l’analyse du cycle de vie, méthode quantifiant les impacts d’un produit ou d’une activité sur l’environnement.
Sur le même créneau que sa grande sœur et émanant aussi
du PSE, SwissEcology se lance.
Intéressant de découvrir comment la société InnoDec et son réseau de partenaires parviennent à rendre l’éco construction plus accessible financièrement grâce à la préfabrication des façades de bâtiments.
« Cette solution permet de réduire considérablement la durée des chantiers et assure des performances acoustiques records tout en minimisant l’épaisseur des façades », nous explique Eric Demierre, directeur d’InnoDec.

  • Les nouvelles énergies renouvelables prédominées par une relance certaine du solaire (photovoltaïque et thermique) depuis la catastrophe de Fukushima, la cogénération (production simultanée d’électricité et de chaleur), la biomasse et les biocarburants :

Le solaire : la relance des installations nous est confirmée par des acteurs locaux, distributeurs ou intégrateurs des technologies photovoltaïques. Que ce soit Solstis à Lausanne, Solexis à Yverdon ou Tritec à Aarberg, tous se réjouissent de la relance effective du marché depuis un mois. Face aux difficultés que rencontre l’éolien pour négocier ses espaces d’installations, Swisssolar, l’association suisse des professionnels de l’énergie solaire, préconise de déplafonner la RPC (Rétribution au Prix Coûtant de l’électricité issue d’énergies renouvelables) qui détient un pot de CHF 320 millions dont 10% uniquement pour le Photovoltaïque et ainsi répondre aux 8600 installations sur liste d’attente. Swisssolar préconise une part de 10% minimum, voire 20% de solaire dans le mix électrique suisse d’ici à 2025.

Du côté du solaire thermique, Cristoforo Benvenuti, Vicepresident et fondateur de l’entreprise SRB Energy dont le centre de recherche est à Genève, se confie sur sa démarche de pionnier du Cern en 1972 qui l’a amené à créer SRB :

« La technologie du collecteur solaire thermique SRB le rend performant sur le terrain même dans des régions à faible radiations solaires. Cette technologie pratique est prête à mettre en oeuvre seule ou en complément d’autres sources d’énergies afin de réduire le bilan carbone immédiatement». 

  • L’efficacité énergétique par la gestion en réseau des grandes infrastructures de distribution de l’électricité « Smart Grid » ou par de nouvelles solutions immédiates de type « smart metering » ou des campagnes concrètes de sensibilisation aux économies d’énergies :

Nous citerons la solution Ecowizz et son slogan « Soyez branché, économisez ! » qui permet une économie immédiate de la facture d’électricité d’environ 15% grâce à une gestion astucieuse des veilles des appareils. Solution 100% suisse, Ecowizz a été adoptée par Romande Energie et les Services Industriels de Lausanne.
Mentionnons également le programme Doubleco de SIG à Genève qui offre de doubler la réduction de la facture d’électricité des particuliers et des entreprises qui réussissent leur engagement.

CLIN D’OEIL SUR UNE NOUVEAUTE VENUE D’AILLEURS

Nous avons découvert NatureSorb, le nouvel absorbant d’hydrocarbure fait à partir d’une tourbe de sphaigne canadienne et commercialisé en Suisse par NatureSorb à Morges. Utilisé pour nettoyer les fuites industrielles d’huiles d’hydrocarbures, le produit fournit une haute valeur énergétique par incinération avec moins de 2% de cendres résiduelles !

Sources :

  1.  Swiss Eco Leaders Day à Energissima le 13 avril 2011 : Article « 100% d’énergies renouvelables en 2050 : rêve ou réalité ? » sur le blog d’in-fuseon pour plus d’infos sur les tendances européennes et suisses
  2. Article Le Matin.ch du 14 avril 2011 sur Swisssolar
  3. Brève sur Bilan.ch du 13 avril 2011 sur l’enquête nationale suisse

En Suisse, l’énergie solaire à 10 ou 20% des besoins en 2050?


Photo extraite de http://www.solstis.ch: installation moncarrésolaire de Romande Energie sur les toits de l'EPFL

Actuellement en Suisse, l’énergie solaire photovoltaïque ne contribue qu’à 1% du mix électrique total et  peine à trouver sa place parmi les 58% d’énergies renouvelables que compte le pays. Or face à l’objectif d’augmenter la part des renouvelables à 70% en 2030 et aux difficultés que rencontre l’éolien pour négocier ses espaces d’installations, le solaire connaît une relance certaine.
Désormais, les chiffres s’envolent…enfin!

UNE REVELATION EN OR POUR ACTIVER LE SOLAIRE

Révélation clé issue de la 1ère enquête d’opinion nationale suisse sur l’efficacité et la popularité des mesures et concepts en vigueur sur tous les thèmes de l’environnement dont le solaire!

Image extraite du rapport: connaissance de la part du solaire dans le mix énergétique en 2050

Présentée le 13 avril 2011 à Energissima lors du Swiss Eco Leaders Day par le Professeur Dr Rolf Wüstenhagen, directeur de l’Institut économie et environnement de l’Université de Saint-Gall, cette enquête auprès de milieux politiques et économiques révèle, à mon avis, un élément clé pour sensibiliser les publics sur l’énergie solaire. Ca parait banal mais c’est une fois de plus: L’INFORMATION! 

Les connaissances des sondés en matière d’énergie solaire ont une influence considérable sur l’estimation de la part de l’électricité solaire dans le mix énergétique de 2050. Alors que le groupe disposant des connaissances les plus approfondies, table sur une proportion de 11%, les personnes qui disposent des connaissances les plus faibles estiment cette proportion à 5%.”, extrait du rapport.

COMMENT PASSER DE 1% à 10% VOIRE 20% DE SOLAIRE?

Depuis la catastrophe de Fukushima, les nouvelles énergies renouvelables sont prédominées par une relance certaine du solaire (photo-voltaïque et thermique) ainsi que par la cogénération (production simultanée d’électricité et de chaleur), la biomasse et les biocarburants.

La relance des installations solaires nous est confirmée par des acteurs locaux, distributeurs ou intégrateurs des technologies photovoltaïques. Que ce soit Solstis à Lausanne, Solexis à Yverdon ou Tritec à Aarberg, tous se réjouissent de la relance effective du marché depuis un mois (propos recueillis lors de la visite du salon Energissima à Fribourg).

Face aux difficultés que rencontre l’éolien pour négocier ses espaces d’installations, Swisssolar, l’association suisse des professionnels de l’énergie solaire, préconise de déplafonner la RPC (Rétribution au Prix Coûtant de l’électricité issue d’énergies renouvelables) qui détient un pot de CHF 320 millions dont 10% uniquement pour le photovoltaïque et d’ainsi répondre aux 8600 installations sur liste d’attente. Swisssolar préconise une part de 10% minimum, voire de 20% dans le mix électrique suisse d’ici à 2025.

“L’énergie issue du photovoltaïque ne sera pas la seule requise pour remplacer l’énergie nucléaire”, reconnaît cependant Swisssolar, mais elle dispose du plus grand potentiel parmi les sources d’énergies renouvelables en Suisse, propos extraits de l’article du Matin.ch du 14 avril 2011.

Tout ceci est bien entendu conditionné par une baisse des coûts du solaire…qui ne va pas se faire attendre… A suivre.

100% d’énergies renouvelables en 2050: rêve ou réalité?


C’est la matinée de conférences du premier forum suisse des leaders de l’environnement (Swiss Eco Leaders Day) le 13 avril à Energissima qui m’a inspiré cet article.
La catastrophe de Fukushima, déclarée au moins aussi importante que celle de Tchernobyl a ébranlé les croyances et ouvre dans son malheur une nouvelle porte aux énergies renouvelables. De Jacques Attali, géopoliticien émérite à Josche Muth, jeune ambassadeur de la vision européenne 100% renouvelable en passant par la 1ère enquête nationale d’opinions en Suisse, quelle part de rêve et de réalité?

LA SONNETTE D’ALARME EST TIREE

On ne présente pas le “géopoliticien de l’avenir” Jacques Attali et son parcours de conseiller auprès du Président de la République française de 1981 à 1991 et entre autres actuellement président de PlaNet Finance, organisation de Solidarité Internationale spécialisée dans le développement de la micro-finance dans 80 pays. Jacques Attali ne mâche pas ses mots quant à sa vision d’avenir plutôt alarmante.

Nous vivons une dictature de l’insouciance. Le monde fonce vers sa catastrophe écologique. Il a une chance de s’en sortir de façon anarchique et malheureusement peu organisée”, Jacques Attali, le 13.4.11

En passant de 7 à 9 milliards d’habitants d’ici à 2050, les besoins de notre planète vont croître de 30 à 40% quant aux demandes en énergies et en agro-alimentaire.
Le prix des biens de base que sont les énergies, la nourriture, les transports et l’habitat augmenteront alors que la Loi de Moore (doublement de la puissance de l’électronique tous les 18 mois) et la baisse des coûts des technologies permettront l’accès à moindre prix à des biens secondaires et de “luxe”.
L’accès aux énergies ne suivra-t-il pas le même schéma que celui de la concentration actuelle des richesses dont 80% vont à 1 % de la population?
Et quelles énergies parviendront à alimenter notre planète sans la détruire?

LA VISION EUROPEENNE A 100% RENOUVELABLE

Image extraite de la galerie photos Energissima

C’est Josche Muth, Deputy Secretary General de l’EREC, le Conseil Européen des Energies Renouvelables qui nous souffle une vision d’avenir et des solutions pour alimenter l’Europe avec 100% d’énergies renouvelables d’ici à 2050 grâce au programme Re-Thinking 2050.
Mais comment parvenir à couvrir 100% de nos besoins énergétiques pour l’électricité, la chaleur, le froid et les transports (véhicules électriques) avec un bouquet de sources 100% renouvelables?
Il n’y a pas de miracles. Il faut réorienter les investissements notamment du nucléaire qui bénéficie de 4 fois plus de subventions institutionnelles que les énergies renouvelables.

Europe: passer les énergies renouvelables de 24% en 2020 à 45% en 2030 et 96% en 2050!

Tableau extrait du rapport Re-Thinking 2050

La tyrannie des investissements: Yes or No?

Josche Muth nous démontre par un petit calcul qui en dit long que
prendre la voie des énergies renouvelables mène à un bénéfice économique d’ici à 2050!

Voici le calcul que vous ne trouverez pas sous cette forme dans le rapport:

€ 3’800 milliards = coûts de CO2 évités
+  € 1’090 milliards = économies d’énergies fossiles
–   € 2’800 milliards = investissements cumulés dans les énergies renouvelables
= € 2’090 milliards de bénéfices économiques d’ici à 2050 

Alors bien entendu, certains se lanceront dans la guerre des chiffres. Mais n’est-il pas plutôt engageant d’essayer? Cela relève des choix d’investissements publics et privés et de l’opinion des peuples!

EN SUISSE, PERSPECTIVES POUR UN MIX ENERGETIQUE PLUS VERT

Ce sont les résultats de la 1ère enquête d’opinion nationale suisse (874 réponses) qui nous révèlent les opinions sur l’efficacité et la popularité des mesures et concepts en vigueur sur tous les thèmes de l’environnement (taxe sur l’essence, centime climatique, Minergie, étiquettes énergies etc) et pas seulement celui des énergies (Mix énergétique, mix électrique, Rétribution à Prix Coûtant, offres de courant vert…).
Présentée par le Professeur Dr Rolf Wüstenhagen, directeur de l’Institut économie et environnement de l’Université de Saint-Gall, cette enquête auprès de milieux politiques et économiques révèle deux éléments clés sur l’avenir énergétique de la Suisse:

Le mix énergétique:
Il s’agit de l’ensemble des sources d’énergies primaires utilisées pour nous éclairer, nous chauffer, nous transporter et fabriquer nos biens de consommation. Actuellement, seuls 15% de ces énergies sont renouvelables. La perspective est de passer à 55% en 2050.

Extrait du rapport d'enquête

Le mix électrique:
Il s’agit de l’ensemble des énergies utilisées pour produire de l’électricité. Actuellement, 42% proviennent d’énergies fossiles dont 39% du nucléaire et 58% d’énergies renouvelables dont 55% de l’hydraulique. Le solaire n’intervient que pour 1%.
L’objectif serait de réduire l’atome à 27% en 2030 et 17% en 2050 et d’augmenter la proportion des renouvelables à 70% en 2030 pour atteindre 81% en 2050.

Extrait du rapport d'enquête. Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Alors rêve ou réalité?
L’enquête n’est qu’une prise d’opinions et de perspectives et elle a été menée avant la catastrophe de Fukushima. Mais les résultats prédisposent d’une volonté. Que l’avenir ne déçoive pas dans les passages aux actes!

Et vous, que pensez-vous de ces chiffres et de ces perspectives? Rêve ou réalité? A vos commentaires toute!

La fission nucléaire: peur contre peur


Photo extraite de l'article de Bilan.ch du 16 mars 2011

Peur de manquer d’électricité CONTRE peur d’une nouvelle catastrophe nucléaire?
Il est malheureux d’en arriver à la catastrophe de Fukushima pour que l’humanité commence à élever sa conscience sur 150 ans d’endettement énergétique et environnemental dont 62 ans de nucléaire! Flash sur la position de la Suisse.

Au moment ou je rédige cet article, le réacteur n°3 de la centrale de Fukushima est toujours à son point de fusion et n’est refroidi que par les tonnes d’eau déversées, solution de “fortune” soutenue par l’espoir de remettre en route l’électricité et le système de refroidissement du réacteur.

GREENWASHING:
LE NUCLEAIRE, UNE ENERGIE “DECARBONNEE”

Les 2 terribles catastrophes nucléaires de Three Mille Island aux USA en mars 1979 et de Tchernobyl en Ukraine en avril 1986 ont servi des leçons techniques qui ont permis au nucléaire de fission de l’atome de justifier le renforcement de la sécurité de la 3ème génération de centrales en cours d’installations.
MAIS face à la “suprêmissime” peur de manquer d’électricité pour poursuivre notre soif de développement économique effréné, l’électro-choc ne s’est pas fait.
Depuis 2003, le nucléaire a en effet regagné des galons face:

  • à l’accroissement des besoins mondiaux en énergies,
  • au renchérissement des prix des énergies fossiles
  • aux engagements nationaux de réduire les émissions de CO2 de 10 à 20%.

Sur le plan du CO2, la confédération suisse a d’ailleurs modifié sa loi en mars 2011 et a décidé d’atteindre 20% de réduction de ses émissions d’ici à 2020.
L’Europe par l’intermède de la France a renommé tout récemment le nucléaire, énergie “décarbonnée”! Action proche du greenwashing.

LE NUCLEAIRE, UNE PROMESSE A DOUBLE TRANCHANT

Photo AFP/HO - 14 mars 2011, centrale nucléaire de Fukushima Daiichi

Le nucléaire de fission bénéficie aujourd’hui d’une puissance installée en croissance et contribue à endetter l’humanité pour des millénaires (déchets radioactifs, coûts des démantèlements d’un parc vieillissant, coûts des nouvelles constructions, risques accrus de catastrophes face à un changement climatique certain).
Le nucléaire, c’est:

  • 14% de l’électricité produite dans le monde (Word Nuclear Association):
    Voulons-nous vraiment que cette part augmente face aux risques de non-maîtrise qui existeront toujours?
  • 443 réacteurs nucléaires en activité sur notre planète dont 104 aux USA, 58 en France et 55 au Japon
  • 65 nouveaux réacteurs en construction actuellement sur la base de la 3ème génération de centrale et près de 200 projets dont une centaine en Chine et une quarantaine en Inde:
    Ne pouvons-nous pas faire autrement que de laisser truffer l’hémisphère sud de centrales après l’avoir fait dans l’hémisphère nord?
  • toujours plus de Mega Watts: les nouvelles centrales annoncent des puissances de 1400 MW face aux 1000 MW des plus anciennes usines et donc des risques toujours plus grands en cas de catastrophes:
    Qui aurait pu prévoir l’imprévisible à Fukushima?
  • un prix au kWh le plus bas du marché:
    Quels sont les coûts réels de maintenance, de démantèlement et de remplacement de ce parc vieillissant?
    Le prix du kWh n’inclut pas les coûts extraordinaires de démantèlement d’une centrale en fin de vie. Le coût réel du kWh serait de 1,8 Euros au lieu des 6c Euros annoncés en moyenne.
    Voir “Les débats pro et anti-nucléaire actuels sur l’approvisionnement énergétique suisse à l’horizon 2025″ dans notre article du 2.2.11.
  • l’argument d’une énergie non émettrice de gaz à effet de serre:
    N’y a-t-il pas une autre voie que de devoir choisir un mix énergétique augmentant nos chances humaines de périr plus vite irradiés?

L'empire du nucléaire: photo extraite de l'article de l'Hebdo.ch du 17 mars 2011

La filière nucléaire n’a pas de solution immédiate autre que la dangereuse fission de l’atome. La 4ème génération de centrales du projet ITER donne l’espoir de la fusion nucléaire mais la première tentative de fusion d’atomes d’hydrogène n’est prévue qu’en 2019, avant la mise en oeuvre, en 2026.

“Il s’agit de faire fusionner différents types (isotopes) d’atomes d’hydrogène pour former de l’hélium. L’objectif est de dégager davantage d’énergie qu’on en consomme pour réunir deux petits atomes en un seul.”, projet ITER

EFFICACITE ET MIX ENERGETIQUE CONTRE LA PEUR DE MANQUER

Face à la catastrophe humanitaire, économique et environnementale de Fukushima due au concours de circonstances naturelles imprévisibles combinant tremblement de terre inégalé et tsunami, il est urgent et possible de réagir sainement. Chaque pays étant maître en sa demeure, les choix du mix énergétique résulteront des politiques nationales.
Une des solutions n’est-elle pas de renforcer sans hésitation les investissements dans les cleantechs?

En Allemagne, le choix de sortir du nucléaire est pris depuis 10 ans et les énergies renouvelables ont bondi de 1 à 20% grâce au solaire et à l’éolien.
En Chine, malgré Fukushima, les plans nucléaires sont inchangés!


En Espagne et en France, nous pouvons espérer que la catastrophe actuelle sera un déclencheur pour que les plans de déploiement du solaire soient réhabilités après leur réduction il y a 2 ans pour l’Espagne et il y a quelques mois pour la France.
En Suisse, Doris Leuthard, la ministre de l’énergie a réagi très vite en suspendant les procédures d’autorisation de 3 nouvelles centrales nucléaires présentées par Alpiq, Axpo et FMB principaux producteurs d’électricité en Suisse. Ceci contribue à repousser le délai de votation populaire initialement prévu en 2013 à probablement en 2015 voire plus tard.
Plusieurs courants politiques s’appuient depuis plus de 2 ans sur les calculs du rapport Weinmann d’octobre 2009 (voir le résumé du rapport) qui démontre qu’il est possible de remplacer la production des 3 centrales nucléaires actuelles (21 TWh/an) par des économies d’énergies et des énergies renouvelables (cumul de 28 TWh/an).

“Sortir du nucléaire, c’est possible et cela ne signifie nullement revenir à la bougie”, Roger Nordmann, conseiller national (PS/VD)

“Tant qu’il n’y aura pas de pénurie, il n’y aura pas de prise de conscience”, Philippe Virdis, directeur du Groupe E (distributeur d’électricité sur les cantons de Fribourg, Neuchatel, Vaud et Berne)

“Je n’aime pas brandir le drapeau de la peur pour motiver les citoyens à renoncer au nucléaire et ceux qui me lisent souvent savent que j’ai suffisamment d’arguments”, Isabelle Chevalley, députée Vert’Libéral

Photo extraite de l'article de l'Hebdo.ch du 17 mars

Et vous, quelle est votre réaction?
Personne ne peut rester indifférent.
Chacun d’entre nous a au fond de soi son opinion accrochée à ses peurs!

Liens:

Article de l’Hebdo.ch du 17 mars 2011: Fukushima, en état d’alerte nucléaire
Article de l’Hebdo.ch du 17 mars 2011: un tournant pour le nucléaire suisse
Article de Bilan.ch du 16 mars 2011

Les cleantechs, un enjeu de taille pour la Suisse


Alors que le Master Plan cleantech vient d’être adopté le 19.1.2011 par la confédération suisse (voir article Tribune de Genève), voici un complément de réflexion sur l’enjeu de taille que représentent les cleantechs pour la Suisse et qui fait suite à notre article “Les cleantechs en Suisse: état des lieux”.

DES OBJECTIFS AMBITIEUX

Photo importée du site de la confédération suisse: http://www.cleantech.admin.ch

Voici la vision et les objectifs énoncés dans le Master Plan cleantech suisse par le
Conseil fédéral et résumés de façon certes un peu réductrice par votre auteure.

Vision :
La Suisse entend assurer d’ici à 10 ans un rôle de leader au niveau international dans le domaine des cleantechs. La Suisse vise à réduire sa consommation de ressources à un niveau supportable pour la nature (empreinte écologique 1) à l’horizon 2100 et donne ainsi les impulsions en matière d’efficacité et d’économie des ressources.

“Nous avons rédigé et adopté cinquante mesures et recommandations qui permettront à notre pays d’atteindre cet objectif”, Doris Leuthard au Forum suisse le 18.1.

Cependant les besoins de financement d’une telle ambition ne sont pas annoncés.

Objectifs :

  1. Devenir leader dans la recherche cleantechs
  2. Réaliser des progrès considérables dans le transfert de savoir et de technologie (notamment entre les hautes écoles et l’industrie)
  3. Devenir leader dans la production des cleantechs
  4. Faire des cleantechs un symbole de la qualité suisse

 

L’AVENIR DES CLEANTECHS, UNE QUESTION DE POSITIONNEMENT INTERNATIONAL ET NATIONAL

Image extraite de la présentation d'Oerlikon Solar au WFES, Abu Dhabi janvier 2011

 

L’axe majeur international pour la Suisse semble être l’efficacité énergétique et l’économie de ressources ainsi que des marchés de niches très spécifiques dans le solaire, laissant les productions d’énergies de masse (ex solaire, stockage de l’énergie) aux mains d’une rude concurrence internationale (cf Chine et USA), même si certains fleurons du solaire suisse tirent encore leur épingle du jeu (voir Oerlikon Solar et sa technologie en couches minces de silicium). En 2010, le géant suisse ABB a gagné plusieurs palmarès en réalisant 2 des 10 plus grosses opérations mondiales de rachat dans le secteur de la gestion d’énergies. Efficacité énergétique et positionnement stratégique obligent! Voir l’excellent article de la Tribune.fr “31 milliards d’Euros de deals en 2010 dans les cleantechs”.

Source: Calculs du Fraunhofer-Institut für System- und Innovationsforschung (ISI)23- Tableau importé du Master Plan cleantech.

Au plan national, les cleantechs requièrent des investissements massifs car elles adressent le besoin de grandes infrastructures (production d’énergies, traitement des eaux, gestion des déchets, mobilité) et relèvent de la responsabilité de l’Etat vis à vis des citoyens.

Les débats pro et anti-nucléaire actuels sur l’approvisionnement énergétique suisse à l’horizon 2025 vont bon train:

  • à Genève depuis que les constituants genevois ont décidé en septembre 2010 de supprimer l’article qui bannit l’énergie nucléaire du canton. Article de la Tribune de Genève du 30.9.2009.
  • à Berne et ailleurs en préparation de la votation populaire du 13 février pour déterminer l’avenir de la centrale nucléaire de Mühleberg (voir article de l’Hebdo).

On vit une bataille rangée de chiffres entre les anti-nucléaires qui démontrent la faisabilité énergétique par les énergies renouvelables et les pro-nucléaires qui brandissent la pénurie potentielle dès les années 2030. Une source essentielle d’information est le rapport Weinmann d’octobre 2009 (voir le résumé du rapport) qui démontre  en chiffres qu’il est possible de remplacer la production des 3 centrales nucléaires actuelles (21 TWh/an) par des économies d’énergies et les énergies renouvelables (cumul de 28 TWh/an). Le site www.informationnucléaire.ch nous éclaire sur les coûts réels du nucléaire et surtout de son démantèlement. Edifiant!

L’accélération des mesures d’efficacité énergétique par exemple dans les bâtiments et l’habitat est en route. Quant à la production de nouvelles énergies renouvelables, elles subissent malheureusement des freins. Voir article sur la fronde anti-éolienne dans le Jura.

Pour revivre le débat animé télévisé sur la TSR, voir l’émission Infrarouge du 23.11.10 avec notamment Isabelle Chevalley, présidente d’Ecologie libérale et députée au Grand Conseil, Vaud et bien d’autres personnalités: “vous reprendrez bien une petite centrale nucléaire“.
Les gros enjeux nationaux commencent donc par la future politique d’approvisionnement du pays.

LES ENJEUX DES CLEANTECHS

Comment la Suisse pourrait-elle soutenir l’innovation dans les énergies renouvelables (ER) et surtout les nouvelles ER si elle fait le choix du nucléaire? Tout ne pourra pas être financé.
L’Etat semble vouloir activer son rôle de régulateur pour encourager l’innovation en ayant introduit des taxes qui font bouger: taxe sur le Co2 (source de financement du programme Bâtiments depuis 2010), étiquetage des appareils et des bâtiments, normes du bâtiment (SIA, Minergie) et la Rétribution à Prix Coûtant pour encourager les énergies renouvelables.

Mais que représentent quelques centaines de millions de CHF face à des programmes d’investissements massifs de relance économique alloués par exemple aux USA (64 milliards dollars) ou en Chine (40 milliards dollars) en 2009  dans ce domaine des cleantechs?

Cet état de faits conditionne les priorités et le type de marchés de cleantechs que la Suisse peut se permettre de poursuivre. Cependant nous pouvons faire confiance à la capacité d’innovation suisse et à sa précision technologique car de nombreux exemples de réussite  et d’innovations d’excellence s’affichent régulièrement. A suivre dans une prochaine parution…et également sur les sites de CleantechsAlps et de façon plus générale sur celui de Swisscleantechs.

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